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Artistes exposés:

Bruce Clarke – Un état des choses

28 avril au
  28 mai 2022

Où vont ces «shadow walkers», ces silhouettes humaines sombres, souvent masculines et en marche ? Ces groupes ne laissent pas indifférents, provoquent notre curiosité, notre sensation, notre sentiment, suscitent notre interrogation. Comme souvent, le corps est au centre de l’œuvre de Bruce Clarke. La palette est ici plus sombre et franche, et à une variation de noirs répond un encerclement de traits vifs qui viennent électriser, dynamiser ces hommes mystérieux. Il y peu d’espoir dans cet univers de feu et de corps en marche ou en suspension dans l’espace.

Depuis plus de trente ans, Bruce Clarke explore les champs de bataille, les paysages dévastés, les réfugiés. Dans ce monde meurtri qui est le nôtre, à travers sa vision désenchantée d’un univers trop souvent en proie aux guerres, l’artiste se refuse à être un prophète du malheur. Simplement, lorsque l’Histoire se répète, Clarke est amené à poser sur la toile son « état des choses », et à y retranscrire les cicatrices récurrentes de l’Histoire. Ainsi, Bruce Clarke fut un témoin direct du dernier génocide du XXème siècle, celui des Tutsis du Rwanda. Depuis, son œuvre est parcourue par cette évidence: même si les mots ne suffisent pas, l’in-vocation, la re-présentation s’imposent.

Tout est préférable à l’oubli, à la banalisation du mal. La vraie question est: « que faire, que dire d’autre » ?  Tout au long de l’Histoire, un même mécanisme de domination, de négation et de destruction semble être à l’œuvre. Une logique implacable, qui mène à toutes les catastrophes, et qu’on retrouve encore aujourd’hui, mécanique froide et bien huilée. La réification de l’être humain et sa déshumanisation sont les sujets que Bruce Clarke traite sans répit. Il dénonce aussi l’essentialisation qui enferme les humains dans l’identité figée de « races », qui a ouvert grande la porte aux guerres, aux génocides, qu’elle a rendus possibles, acceptables.

Parfois, contre toute attente, des gens ordinaires trouvent la force de se battre pour s’émanciper. Ce sont, face à la banalité du mal, la « banalité » des justes, des résistants ordinaires, des anonymes qui se dressent pour leur liberté ou celle d’autrui. Bruce Clarke célèbre dans son œuvre ces héros ordinaires, qui, grains de sable dans la machine, sauvent des vies, résistent, réhabilitant par là même notre humanité commune. Car, si un crime contre l’humanité est une atteinte universelle, ne peut-on pas également affirmer que secourir un migrant, arrêter un char, résister à l’oppression, sont des actes qui consolident nos valeurs essentielles ?

Ni « optimiste » ni « pessimiste », Bruce Clarke re-présente à notre attention l’état des choses, l’état du monde, l’état présent de notre humanité. L’absence de pensée, la paresse, ne sont pas une fatalité imposée de l’extérieur par quelque force insurmontable, mais le résultat de choix personnels, qui sont de l’ordre de la démission. Penser est une faculté humaine, son exercice relève de la responsabilité de chacun. Bruce Clarke nous le rappelle à chaque tableau, à chaque installation. Nous pouvons également choisir d’arrêter de penser, de regarder, de voir, d’entendre, mais, en cela, nous devenons coupables d’une obéissance mécanique et paresseuse.

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